Passage par un ancien hammeau que la forêt recolonise, et ou règne une ambiance étonnante et émouvante : Les maisons aux toitures en cours d'effondrement et aux murs croulants semblaient avoir été abandonnées subitement. malgré des traces de passage plus récents, ce qui devait servir aux habitants de l'époque semblait être encore en place, fourneaux, gamelles, services de cuisine encore accrochés, des paillasses grignottées par les souris gisaient au sol, et des seaux semblaient encore attendre le lait des brebis... Il faudra peu de temps pour que ces maisons finissent de s'écrouler et effacent ces traces dont nous aurons été parmi les derniers témoins. Nous quittons silencieusement ces lieux, un peu troublés par le mystère et la mélancolie qu'ils inspirent. Intéressante question que se demander s'il vaut mieux pleurer la perte de ce patrimoine ou bien se réjouir de la vitesse et la facilité avec lesquelles la nature reprend ses droits... A méditer.
C'est décidé : Après s'être restaurés au dessus des derniers mélèzes, nous sortirons du sentier et emprunterons cette croupe montant perpendiculairement vers la haute arête de Dormillouse. Chemin faisant, on s'arrêtera ou on voudra...
On s'en approche vite, et peu à peu, il parait presque jouable de l'atteindre... Mais l'heure tourne... Par sécurité, on met à 17h l'heure buttoir à laquelle, ou qu'on soit, on fera demi tour...
Toute blague mise à part, je ne répéterai jamais assez combien j'ai de la chance de randonner avec Doc, qui malgré sa modestie, est un incollable pluridisciplinaire de premier ordre!
Photo-souvenir (merci au retardateur de l'appareil!), avec en toile de fond, une partie des sommets mythiques du massif des Ecrins, avec à gauche les Ailefroide (3953m) et à droite le Pelvoux (3946m), et devant, la fameuse aiglière (3307m), extrêmité de l'arête que nous espérions gravir le premier jour, sans succès.
Nous ne trainons pas, la descente va être longue et risque bien de finir à la frontale... (Tu vois Graz, il n'y a pas qu'avec toi... Avec Doc, c'est même presque une obligation!)
On choisit de redescendre par la combe que nous avions à notre droite en montant. Des éboulis raides au début, puis un terrain plus agréable ensuite. Nous avions déjà fait un peu moins du dénivelée et tout allait bien, jusqu'à...
(photo prise le lendemain)
Oui, la grosse couille, celle qui en un éclair ruine tous les projets et change les rêves en regrets... Mon vieux point faible qui me laissait tranquille depuis maintenant deux ans venait de lâcher à nouveau.
Punition pour mes moqueries envers Doc et sa bérardie, faux pas, glissade ou dérapage, je n'en sais rien, mais le résultat est là, fatal... J'entends craquer, et je me retrouve par terre, avec une douleur terrible, imaginant ne pas pouvoir me relever. Il n'y a pourtant pas trop le choix, j'y arrive et la douleur semble me laisser quelque répit... Des lors, une seule chose, descendre, descendre sans s'arrêter pour ne pas la laisser s'installer. Une longue descente de près de 1000 m de dénivellée, avec une prudence extrême, et une douleur, malgré tout, bien supportable, mais qui à chaque pas semblait confirmer un peu plus que la fin de cette belle aventure allait être plus proche que prévu, nous privant par là même, du projet clé de notre semaine...
2 commentaires:
Et bé voilà, quand on a deux pieds gauches, on fait attention !!!!
Ah elle est belle ta cheville !!! Tu aurais été à la pêche plutôt que de galoper les chamois, tu ne ressemblerais pas à un schtroupf
C'est pas pire que six mois de tendinite au coude pour avoir grimpé deux voies sur un mur d'escalade...
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