mercredi 31 octobre 2007

le ficelles anti cormorans.

L'hiver arrive... les cormorans aussi! Ces oiseaux uniquement piscivores, de plus en plus nombreux chaque année (certainement à cause de la diminution des stocks de poissons marins) provoquent de graves dégâts chez les populations piscicoles de nos rivières. Une solution pour limiter leur prédation sur les secteurs les plus sensibles et les plus difficiles d'accès, consite à tendre des ficelles en travers de la rivière de façon à former un écran et ainsi, les dissuader de plonger. Quelques sociétés de pêche utilisent cette pratique, dont la notre et celle de nos voisins Suisses de "la Gaule", située un peu plus en amont de la notre sur le Doubs. Un immense travail, mais de grands moments de convivialité...

Le 13 octobre chez nos amis Suisses. Ce sont eux les premiers à poser les ficelles. La Franco Suisse envoie une équipe en renfort, dont je fais partie, et Claude aussi. L'immensité de leur parcours et la difficulté d'accès du site à "ficeler" obligent à un accès en bateau... Belle balade en remontant la vallée du Doubs.

Arrivée sur le site... Tout le monde se prépare, les équipes se forment. Les cannes à pêche que vous voyez ne servent pas à pêcher, mais, en ces jours particuliers, à envoyer des lests de l'autre côté de la rivière ou une autre équipe attachera la ficelle qui sera ainsi déroulée sur la largeur de la rivière et attachée de chaque côté...

Posées parallèlement, suffisamment haut pour ne pas se faire emporter par les crues hivernales, à raison de une tous les 5 mètres linéaires, sur un parcours aussi long que nécessaire, le grand travail commence...

Le formidable barbeccue du midi, à la cabane construite et entretenue par les membres de "la Gaule".

Fin de journée... Des ficelles tendues à perte de vue... La perfection Suisse!

Le retour en fin de journée. La délégation de la Franco Suisse conduite par l'excellent Thierry. Tout cela se finira par une course-poursuite entre ce bateau et celui sur lequel je suis...

2 et 3 novembre, c'est au tour de la Franco Suisse de poser ses ficelles sur les secteurs de la Goule et du Refrain. Mêmes conditions que le 13 octobre : eau particulièrement basse, temps magnifique, tout cela rendant le travail beaucoup plus facile et agréable... Même Cacahuette est contente!

C'est reparti! Pas loin de 35 km de ficelle seront tendus durant ces 2 jours...

Des travaux parfois acrobatiques!

Les Suisses avaient déjà mis la barre assez haut avec leur super-barbeccue... Mais là, Claude a littéralement fait péter les records avec sa paella de 25 portions!!!

Dans le local aimablement prêté par les "Sentiers du Doubs", l'association locale de rando et d'entretien des chemins.

Le grand moment de la dégustation... Pour un peu, on ne serait venu rien que pour ça!

Le secteur du Refrain, fin prêt pour passer l'hiver!

La longue procession en fin de journée... 20 pêcheurs remontent le long du Doubs. C'est moins exaltant que le retour en bateau, mais le sentiment est le même : Celui du travail bien fait!

jeudi 25 octobre 2007

Vallouise 2007... 1er jour.

Semaine de montagne avec Doc, dans les environs de la vallée de Vallouise, Massif des Ecrins, Hautes Alpes.

Après nous être retrouvés la veille au soir, première nuit au petit village d'Ailefroide et dès le lendemain matin, direction le vallon de la Selle (qui forme après sa confluence avec celui des Bans, la vallée de l'Onde), et comme ambitieux objectif, la Pointe de l'Aiglière (3307 m), un sommet rocheux, dont l'accès est assez peu connu, du moins par ce côté.

Après un départ à la frontale, le jour se lève enfin sur les rives du torrent de la Selle.
Doc, d'un pas très déterminé en direction d'une étonnante structure de grès statifiés, qui n'est autre que l'arête que l'on doit atteindre, et qui, en la suivant vers la gauche, après une longue traversée, devra nous conduire vers la sommet de l'Aiglière... Je ne vous cache pas la perplexité avec laquelle j'ai découvert le parcours qui nous attendait...
Chemin faisant, par endroits très localisés, on marche sur de la terre sèche, on entend un bruit anormal accompagné d'une sensation étrange sous le pied... Et quand on se retourne et que l'on regarde ou l'on a marché, on trouve alors, mis à nu, ce que je tiens ici entre mes doigts... Cette curiosité géo-glaciologique s'appelle selon Doc un "pipe-craik" (que les anglicistes me corrigent, merci!). On trouve ces formations sous la couche superficielle de terre sèche et gelée, qui est alors relevée et décollée des couches inférieures par ces espèces de tubes de glace super fins et en nombre incalculable... Difficile de comprendre par quel phénomène l'humidité du sol peut arriver à de telles constuctions... Pour le coup, même Doc n'a pas d'explication précise!

Enfin arrivés au pied de l'arête, sur l'un des endroits qui parait le plus propice, il faut commencer à grimper... Première longueur, impeccable... ce sera la dernière! En effet, la suivante est déjà plus difficile et surtout le rocher devient pourri, et le danger de chutes de pierres devient trop important. Et aussi loin qu'on puisse regarder, c'est cette qualité de grimpe qui prédomine largement...


Inutile d'insister, ce projet est irréalisable et vraiment trop dangereux... Pour la suite de cette journée de montagne, histoire de faire quand même quelque chose, on choisit comme objectif le col de l'Aup Martin (2760 m), que l'on voit tout au fond, ci dessus. Les émotions ne sont pas terminées... Reste à faire une immense traversée dans ces éboulis instables et très pentus...

Quelqu'un en train de se dire : "Mais qu'est ce que je fous ici??!!!"

Doc se retournant en direction de son projet avorté... Grand philosophe, il dira que, quoi qu'il en soit, c'est une journée durant laquelle on sera devenu encore un peu plus montagnards...

Après avoir rejoint un itinéraire un peu plus académique, nous voila à l'arrivée de notre col...

Soufflez, vous êtes arrivés!

dimanche 21 octobre 2007

Vallouise 2007... 2ème jour

17 octobre, au petit matin, après une nuit passée dans la vallée de l'Onde, au dessus de Vallouise. Doc, en pleine préparation du p'tit dej', dans ce qui était quelques dizaines de minutes plus tôt, la"chambre à coucher"... Matinée cool, brin de toilette une fois le soleil venu, au bord de l'Onde. Quelqu'un en a profité pour y oublier son Kway (devinez qui c'est?), on a du y revenir le soir... et Kway retrouvé...
Ravitaillement en eau potable dans le charmant village de Vallouise, au coeur du Parc National des Ecrins, et autour duquel nous aurons gravité pendant cette semaine.


Direction le petit Village de Champcella, au sud du massif, au dessus de la vallée de la Durance.
Repas de midi pris en même temps qu'un bon bain de soleil.
Au dessus de Champcella, la falaise sur laquelle nous avons fait notre voie. On a tellement bien pris notre temps, et cette voie n'étant pas si facile que ça, que l'on n'a pas pu la finir, sans quoi nous aurions fini à la nuit, et ça, il vallait mieux l'éviter...

L'endroit ou nous avons fait demi-tour à 2 longueurs du haut de la falaise. Contraints de redescendre en rappel par là ou on était montés, on a du en improviser un après une branche de l'arbre suspendu (une variété assez rara de genévrier), que l'on voit dépasser de derrière les rochers tout à gauche de la photo. Vue sur les vallées de la Durance et du Guil, non loin de leur confluence, sur les fortifications de Mont-Dauphin, et sur les montagnes du Queyras.

Doc, parti pour le deuxième rappel, moins stressant que le premier, qui nous ramènera sur le plancher des vaches. Euh, non... pas des vaches!

jeudi 11 octobre 2007

Vallouise 2007... 3 ème jour

18 octobre, la météo annonçait la pluie pour le matin (encore une belle performance!!!). Nous avions décidé de placer le grand projet en fin de semaine qui était sensé être meilleur au niveau météo et de couper le séjour avec une rando cool. Au programme de cette journée, la visite de la vallée montant de Freissinières à Dormillouse, en free style, sans plan ni itinéraire particulier. Départ au lever du jour par la petite route remontant le fond de la vallée, puis arrivés au petit hammeau des Viollins, nous décidons de quitter la route pour emprunter un chemin rejoignant Dormillouse en s'élevant sur les pentes sud...




Dégustation visuelle de saveurs automnales...

Passage par un ancien hammeau que la forêt recolonise, et ou règne une ambiance étonnante et émouvante : Les maisons aux toitures en cours d'effondrement et aux murs croulants semblaient avoir été abandonnées subitement. malgré des traces de passage plus récents, ce qui devait servir aux habitants de l'époque semblait être encore en place, fourneaux, gamelles, services de cuisine encore accrochés, des paillasses grignottées par les souris gisaient au sol, et des seaux semblaient encore attendre le lait des brebis... Il faudra peu de temps pour que ces maisons finissent de s'écrouler et effacent ces traces dont nous aurons été parmi les derniers témoins. Nous quittons silencieusement ces lieux, un peu troublés par le mystère et la mélancolie qu'ils inspirent. Intéressante question que se demander s'il vaut mieux pleurer la perte de ce patrimoine ou bien se réjouir de la vitesse et la facilité avec lesquelles la nature reprend ses droits... A méditer.
Elevation au dessus de la vallée...
C'est décidé : Après s'être restaurés au dessus des derniers mélèzes, nous sortirons du sentier et emprunterons cette croupe montant perpendiculairement vers la haute arête de Dormillouse. Chemin faisant, on s'arrêtera ou on voudra...
La traversée d'un minuscule ruisseau, certainement sur le lit d'un ancien glacier descendant de l'arête. La taille des blocs rocheux déposés sur le large lit de ce mince filet d'eau témoignent de la violence qu'il doit pouvoir atteindre lors de certains évènements météo.

Repas pris devant des structures géologiques d'une telle complexité que Doc préfère encore éviter du regard pour ne pas se couper l'appétit...

La "Doc Attitude"...

Notre crête menant vers la haute arête, culminant à plus de 3000 mètres...
On s'en approche vite, et peu à peu, il parait presque jouable de l'atteindre... Mais l'heure tourne... Par sécurité, on met à 17h l'heure buttoir à laquelle, ou qu'on soit, on fera demi tour...
Par endroits, notre croupe devient arête...

Et voila devant quoi Doc s'agenouille et s'extasie... C'est une Bérardie, plante rare et soit disant superbe, du moins en période de végétation... Mon intérêt pour la botanique ne me conduira pas aux mêmes extrémités que Doc, j'ai simplement éclaté de rire et trouvé qu'elle ressembait étrangement à la peau séchée d'un crapeau écrasé qu'on avait vu sur la route le matin même...
Toute blague mise à part, je ne répéterai jamais assez combien j'ai de la chance de randonner avec Doc, qui malgré sa modestie, est un incollable pluridisciplinaire de premier ordre!
Nous montons bien, et il ne fait plus guère de doute que nous arriverons bien à notre arête.

Objectif atteint, avec 15 minutes d'avance sur le timing limite. Altitude environ 3050 m, et un dénivelée de presque 1900 m... Pour une journée cool, c'était réussi!
Photo-souvenir (merci au retardateur de l'appareil!), avec en toile de fond, une partie des sommets mythiques du massif des Ecrins, avec à gauche les Ailefroide (3953m) et à droite le Pelvoux (3946m), et devant, la fameuse aiglière (3307m), extrêmité de l'arête que nous espérions gravir le premier jour, sans succès.
Nous ne trainons pas, la descente va être longue et risque bien de finir à la frontale... (Tu vois Graz, il n'y a pas qu'avec toi... Avec Doc, c'est même presque une obligation!)
On choisit de redescendre par la combe que nous avions à notre droite en montant. Des éboulis raides au début, puis un terrain plus agréable ensuite. Nous avions déjà fait un peu moins du dénivelée et tout allait bien, jusqu'à...

LA COUILLE!!!
(photo prise le lendemain)
Oui, la grosse couille, celle qui en un éclair ruine tous les projets et change les rêves en regrets... Mon vieux point faible qui me laissait tranquille depuis maintenant deux ans venait de lâcher à nouveau.
Punition pour mes moqueries envers Doc et sa bérardie, faux pas, glissade ou dérapage, je n'en sais rien, mais le résultat est là, fatal... J'entends craquer, et je me retrouve par terre, avec une douleur terrible, imaginant ne pas pouvoir me relever. Il n'y a pourtant pas trop le choix, j'y arrive et la douleur semble me laisser quelque répit... Des lors, une seule chose, descendre, descendre sans s'arrêter pour ne pas la laisser s'installer. Une longue descente de près de 1000 m de dénivellée, avec une prudence extrême, et une douleur, malgré tout, bien supportable, mais qui à chaque pas semblait confirmer un peu plus que la fin de cette belle aventure allait être plus proche que prévu, nous privant par là même, du projet clé de notre semaine...

Vallouise 2007... épilogue

19 octobre, comme on pouvait s'y attendre, les choses ne se sont pas arrangées dans la nuit, et toute marche est impossible à envisager. Vers 11 heures je quitte Doc et prends le chemin du retour. La conduite ne me posant pas trop de problèmes, je décide tout de même de prendre mon temps sous cette météo encore superbe et d'emprunter une partie de "la route des Grandes Alpes" qui passe par les cols du Lautaret et du Galibier.
Le Lautaret, 2058 m.
Clin d'oeil à Graz, voila ce qu'on aurait du voir en revenant de Névache si la météo avait été meilleure. Vue sur la Meije, 3983m.

Pic nic au Col du Galibier, 2645m. Vue illimitée, jusqu'au Mont Blanc! (à droite du panneau)

Impériale, au milieu de ce paysage, la Barre des Ecrins (4103m).
J'ignorais qu'on pouvait la voir aussi bien depuis ce col... Ironie du sort, car à l'heure ou j'écris ces quelques lignes, depuis chez moi, j'aurais du être quelque part sur ses pentes, louvoyant entre ses séracs... Oui, ce magnifique sommet, qui me fait rêver depuis 20 ans était le projet de cette fin de séjour...
Immense déception, mais cette belle Barre a l'air bien solide, et j'ai de bonnes raisons de penser qu'elle sera toujours bien en place quand je déciderai d'y revenir...
Alors on lui dit... "A bientôt".

C'est reparti!

Oui, je vais vous abandonner pour une semaine... Comme vous pourrez le comprendre en voyant cette photo, c'est encore pour essayer de ramener de belles images et de bons souvenirs à vous faire partager!
Je pars avec Doc dans le massif des Ecrins. Au programme, rien de particulier de prévu, ce sera rando, escalade ou haute montagne selon les conditions, alors il faut tout prendre et essayer de ne rien oublier...
A BIENTOT...

La Dôle

Le 4 février 2007 devait être une journée de ski de fond aux Rousses... Mais le manque de neige nous conduisit à nous rabattre sur un plan rando. Objectif : la Dôle, cette montagne pour laquelle j'avais toujours eu quelque réticence à cause de son sommet un peu trop "urbanisé" à mon goût... A tort, car la rando qui y conduit (depuis St Cergue), elle, est vraiment sauvage, et les aménagements du sommet sont finalement assez originaux pour mériter d'être vus au moins une fois. Une journée magnifique sous une météo surréaliste...
Daria et Graciela dans les neiges jurassiennes...

Ambiance quasi estivale en versant sud...

L'intérêt de ce sommet hyper fréquenté est aussi la facilité avec laquelle on trouve des photographes!



Notre experte en nutrition, diététique, hydratation, organisation (et j'en passe!) en pleine démonstration... Retrouvez tous ses bons conseils pour sportifs de haut niveau sur son blog:
Génial, tout comme elle, une référence!
Un sol sans un poil de neige (et même sec!) pour ce repas pris sur un belvedere de choix face au massif du Mont Blanc... Il a duré combien de temps celui-la, de pic nic?
Un rien les amuse...
Et ce n'est rien quand on sait qu'une heure plus tard, on était en train de tracer une piste spéciale "pelle à neige" dans une belle pente sous le sommet, pour aller jusqu'à la destruction totale de ces malheureux instruments achetés le matin même... Et il n'y a pas si longtemps que cela que mes pauvres fesses ont oublié cette journée!
Vidéos de ce délire également disponibles sur le blog de Graz... A voir sans faute!